Le vocabulaire du manga : les 30 mots à connaître
Mangaka, tankōbon, nekketsu, trame, onomatopée, yonkoma, isekai… Un lexique illustré pour lire, parler et écrire le manga sans se tromper.

Le manga a son vocabulaire, moitié japonais, moitié jargon d’atelier. On peut le lire sans le connaître, mais on l’écrit beaucoup mieux quand on le maîtrise : savoir ce qu’est un cartouche, une trame ou un nekketsu change la façon dont on décrit une scène. Voici les trente mots qui reviennent le plus, classés en quatre familles.
Les gens et les objets
- Manga
- La bande dessinée japonaise, et par extension toute BD qui en adopte les codes. Le mot, popularisé par Hokusai en 1814, veut dire à peu près « dessins au fil du pinceau ». En France on dit « un manga », au masculin, même si le mot n’a pas de genre en japonais.
- Mangaka
- L’auteur ou l’autrice de manga. Au Japon, un mangaka travaille souvent avec des assistants qui dessinent les décors, posent les trames et encrent les foules.
- Tankōbon
- Le volume relié qui rassemble une dizaine de chapitres parus en magazine. C’est le format vendu en librairie, celui qu’on empile sur les étagères.
- Chapitre
- L’unité de publication en magazine : une vingtaine de pages par semaine pour un hebdomadaire, quarante à soixante pour un mensuel. Chaque chapitre finit sur une accroche pour que le lecteur revienne.
- One-shot
- Une histoire complète en un seul chapitre ou un seul volume, sans suite prévue. Souvent la première publication d’un jeune auteur.
- Yonkoma
- Le « manga en quatre cases », verticales, à la manière d’un strip : mise en place, développement, retournement, chute. Le format roi de l’humour.
- Light novel
- Un roman court et illustré, souvent adapté ensuite en manga puis en anime. Beaucoup d’isekai viennent de là.
- Anime
- Le dessin animé japonais. Un manga qui marche devient souvent un anime ; l’inverse existe aussi.
- Doujinshi
- Une publication amateur, autoéditée, qui reprend souvent des personnages existants. Le vivier où beaucoup de mangakas ont commencé.
Les mots de la page
- Planche
- Une page dessinée entière, avec toutes ses cases. C’est l’unité de travail du dessinateur, et l’unité de prix chez Ai-Koma : une génération, une planche.
- Case (ou vignette, koma)
- Un cadre qui contient un instant. Sa taille et sa forme donnent le rythme : une grande case ralentit, une suite de petites accélère.
- Gouttière
- L’espace blanc entre deux cases. Le lecteur y imagine ce qui se passe entre les deux images ; c’est là que le temps s’écoule.
- Bulle (fukidashi)
- Le ballon qui contient la parole. Sa forme dit le ton : ronde pour parler, nuageuse pour penser, éclatée pour crier, pointillée pour chuchoter.
- Cartouche
- Le rectangle qui porte la voix du narrateur ou une indication de lieu et de temps : « Le lendemain. », « Tokyo, 23 h. ».
- Onomatopée (giongo)
- Le son dessiné dans l’image : DOKI (le cœur qui bat), GOGOGO (la tension), BAM, SHHH. En japonais, il existe même des onomatopées du silence.
- Trame (screentone)
- Une feuille adhésive de points ou de hachures que l’on découpe et colle pour obtenir des gris et des textures. Aujourd’hui posée numériquement, elle garde son nom et son aspect.
- Fond perdu
- Une image qui file jusqu’au bord de la page, sans marge. Réservé aux moments forts : une arrivée, une révélation, un paysage.
- Lignes de vitesse
- Les traits parallèles ou en étoile qui donnent le mouvement et la vitesse. Dans un combat de shōnen, le décor disparaît souvent derrière elles.
- Encrage
- L’étape où le crayonné est repassé à l’encre, à la plume (la fameuse plume G) ou au pinceau. C’est l’encrage qui donne au manga son noir et blanc tranché.
Les publics et les genres
- Shōnen
- Destiné aux garçons adolescents : action, amitié, dépassement de soi. Dragon Ball, One Piece, Naruto. C’est un public visé, pas un genre : il y a des shōnen de cuisine et des shōnen de tennis.
- Shōjo
- Destiné aux filles adolescentes : sentiments, relations, lycée, souvent avec un trait plus aérien et des fonds fleuris. Fruits Basket, Nana.
- Seinen
- Pour les jeunes adultes masculins : plus de réalisme, de violence, de politique, de noirceur. Berserk, Monster, Vagabond.
- Josei
- Pour les femmes adultes : vie professionnelle, couple, maternité, désir, avec une franchise que le shōjo n’a pas. Chihayafuru, Princess Jellyfish.
- Kodomo
- Pour les jeunes enfants. Doraemon, Pokémon.
- Nekketsu
- Littéralement « sang chaud » : le sous-genre du shōnen où le héros progresse à force de volonté, d’entraînement et d’amitié. La formule la plus copiée du manga.
- Isekai
- « Autre monde » : le héros est transporté (ou réincarné) dans un univers de fantasy ou de jeu vidéo. Le genre le plus prolifique des années 2010.
- Tranche de vie (slice of life)
- Pas d’intrigue à grand enjeu, mais le quotidien, observé avec tendresse ou humour. Souvent le genre le plus difficile à bien écrire.
- Ecchi
- Le manga coquin : sous-entendus, nudité partielle, situations gênantes, sans acte sexuel montré. Chez Ai-Koma, cela correspond au niveau 2 de romance.
- Hentai
- Le manga pornographique, explicitement réservé aux adultes. Le mot veut dire « pervers » en japonais, où l’on parle plutôt d’ero-manga.
- Gekiga
- « Images dramatiques » : le courant réaliste et adulte né dans les années 1950, ancêtre du seinen.
Les mots de l’atelier
- Name (ou nēmu)
- Le storyboard : un brouillon rapide de toutes les pages, avec le découpage, la place des bulles et le texte, avant le dessin définitif. C’est l’étape que l’éditeur valide. Chez Ai-Koma, c’est le « découpage » que tu relis avant de lancer les planches.
- Découpage
- La répartition de l’histoire en pages et en cases : quoi montrer, dans quel ordre, à quelle taille. Le vrai métier du mangaka, plus encore que le dessin.
- Fiche des personnages (character sheet)
- Le dessin de référence de chaque personnage, de face et de profil, avec sa tenue et ses signes distinctifs, pour qu’il reste le même d’une page à l’autre. Ai-Koma en dessine une par histoire.
- Sens de lecture
- Un manga japonais se lit de droite à gauche et de haut en bas, y compris à l’intérieur de chaque case. Les mangas produits par Ai-Koma se lisent de gauche à droite, comme une bande dessinée française.
Tu connais maintenant les mots. Pour voir comment ils s’assemblent sur une page, lis l’anatomie d’une planche ; pour choisir ton registre, les grands styles de manga.
Les illustrations de cet article ont été dessinées par Ai-Koma, à partir de descriptions écrites par l’équipe ; elles ne représentent aucune personne réelle.
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